Littéralement, la datation est l'attribution d'une date. Ce terme peut donc s’appliquer à un évènement passé, un objet, un document, un fossile, une couche géologique ou encore un niveau archéologique. Il désigne globalement la démarche, scientifique ou non, qui consiste à déterminer l’intervalle de temps séparant l’élément daté du temps présent. On parle de « datation absolue » lorsque la datation mise en œuvre aboutit à un résultat chiffré exprimé en unité de temps (années, secondes, etc.). Par opposition, l’expression « datation relative » désigne la démarche qui consiste à déterminer l'ordre chronologique d'évènements ou d'objets du passé, sans connaître leurs âges réels. Une confusion est parfois faite entre les deux, lorsque dans le cadre d'une datation relative, la chronologie s'étend jusqu'au présent — ainsi, les « âges » des périodes définies par datation relative en stratigraphie sont souvent pris pour argent comptant, bien qu'ils n'aient de sens que comme des intervalles de temps circonscrits définis par rapport à tous les autres.
L’authentification est l’action qui consiste à déterminer si une œuvre d’art a bien été réalisée à l’époque du style qu’elle représente. Elle peut-être éclairée de procédés scientifiques, mais s’appuie le plus souvent sur l’étude stylistique et technique de la composition et du décor.
La Dendrochronologie
La dendrochronologie est une méthode scientifique de datation fondée sur le comptage et l'analyse morphologique des anneaux de croissance des arbres. Cette technique a été inventée et développée au cours du XXe siècle par A.E. Douglass, le fondateur du Laboratory of Tree-Ring Research de l’Université d'Arizona. Cette méthode de datation permet de dater des pièces de bois à l’année près.
Sous des latitudes moyennes, les arbres poussent en produisant du bois lorsque les conditions climatiques sont favorables (du début du printemps à la fin de l'été). Au printemps, les cernes sont clairs car les vaisseaux conduisant la sève sont plus larges ce qui permet des flux plus importants.
L'analyse d'un échantillon de bois en repérant ses anneaux de croissance et en attribuant à chacun d'entre eux un millésime de formation, permet de déduire les conditions climatiques contemporaines à la vie de l'arbre.
En prenant des échantillons dans différents sites d'une même région et ayant poussé à des époques différentes mais se recoupant, il est possible de recomposer une séquence sur plusieurs siècles et de créer une chronologie de référence permettant de réaliser des études paléoclimatiques. L'idéal étant bien sûr d'avoir une tranche d'arbre multicentenaire. La comparaison du profil de croissance d'un morceau de bois d'une époque indéterminée avec cette chronologie de référence permet sa datation exacte à l'année près.
C'est cette propriété qui a permis de corriger la datation au carbone 14 qui supposait (à tort) une concentration de carbone 14 constante au cours des siècles. C'est ainsi que la grotte Cosquer a été redatée de façon précise.
Le Carbone 14
La datation par le carbone 14, dite également datation par le radiocarbone ou datation par comptage du carbone 14 résiduel, est une méthode de datation radiométrique basée sur la mesure de l'activité radiologique du carbone 14 (14C) contenu dans de la matière organique dont on souhaite connaître l'âge absolu, à savoir le temps écoulé depuis sa mort. Ce taux diminue de moitié tous les 5 568 ans. Le domaine d'utilisation de cette méthode correspond à des âges absolus de quelques centaines d'années jusqu'à environ 50 000 ans. L'application de cette méthode à des événements anciens, tout particulièrement lorsque leur âge dépasse 6 000 ans, a permis de les dater beaucoup plus précisément qu'auparavant. Elle a ainsi apporté un progrès significatif en archéologie et en paléoanthropologie.
La Métallographie
La métallographie est la technique consistant à déterminer la structure d'un métal en l'observant avec un microscope optique. On peut déterminer ainsi, selon les cas :
-la taille et la forme des cristallites ;
-la répartition des phases ;
-la direction des lignes de glissement (intersection des plans de glissement avec la surface), dans le cas d'un échantillon déformé.
L'observation simple d'un objet métallique ne donne pas de renseignement particulier hormis l'état de surface (aspérités, fissures). Pour avoir des informations sur la microstructure, il faut en général une soigneuse préparation :
-coupe de l'objet, afin que l'on puisse le mettre en place sur le microscope, mais aussi pour observer la structure à l'intérieur si nécessaire ;
-polissage soigneux : on cherche à observer des détails de l'ordre du micromètre (la limite physique due à la diffraction de la lumière étant d'environ 0,5 µm), il faut donc que les rayures soient plus petites ; en général, on utilise des papiers enduits de particules céramiques (sortes de papier de verre) en passant vers des grains de plus en plus fins, puis on utilise une pâte contenant des diamants microscopiques ; si les détails sont encore plus petits, on peut recourir à un polissage électrolytique (dissolution contrôlée de la surface) ;
-en général, une attaque pour révéler la structure, notamment les joints de grain : on utilise fréquemment des acides forts ou des réactions électrolytiques, dans des conditions telles que la réaction est plus rapide ou plus forte aux joints de grain (en raison de la tension superficielle).
Pour révéler la structure, on peut aussi utiliser une oxydation anodique : si la couche d'oxyde croît de manière différente selon l'orientation cristalline, on peut facilement distinguer les différents cristallites. On utilise aussi parfois un choc thermique pour provoquer des fissures entre les grains (rupture intergranulaire) visibles au microscope.
La Radiographie
Le terme radiographie peut désigner l'ensemble des techniques permettant de réaliser des clichés à l'aide de rayons X des structures internes d'un patient ou d'un composant mécanique.
L'application la plus courante est la radiographie médicale, dans laquelle les clichés traduisent l'opacité plus ou moins marquée des tissus ou organes par une teinte plus ou moins claire.
Dans le cas d'application aux contrôles de pièces mécaniques, la radiographie est une technique de contrôle non destructif qui permet de détecter des défauts internes, par exemple des soufflures, des porosités, des retassures ou des fissures internes de la pièce. Dans le cadre de l’authentification des œuvres d’art, cette technique permet de voir si l’objet est constitué de plusieurs blocs ou s’il présente des tiges de renforts invisibles à l’œil nu.
La Thermoluminescence
La thermoluminescence est l'utilisation d'une propriété physique de certains cristaux qui a été mise au point dans les années 1950 comme méthode de datation, principalement des céramiques. Un certain nombre de cristaux, comme le quartz, le feldspath, le zircon ont la propriété d'accumuler au cours du temps, sous forme d'énergie au niveau atomique, l'irradiation naturelle et cosmique du lieu où ils se trouvent. Quand ils sont ensuite soumis à une très forte température, ils restituent l'énergie accumulée sous forme de lumière. Une fois refroidis, l'accumulation peut reprendre. Les cristaux présents dans les matériaux utilisés pour la confection de poteries, restituent la totalité de la charge énergétique accumulée au cours du temps géologique lors de leur cuisson. Il suffit ensuite de soumettre un échantillon une nouvelle fois à une température élevée afin de mesurer la lumière émise qui sera proportionnelle au temps écoulé entre les deux opérations. En tenant compte du niveau de radiation naturelle du milieu où a séjourné la céramique à dater et de la nature des cristaux en jeu, on obtient par un calcul la datation précise de l'échantillon. Cette technique est aussi applicable à des terres de foyer, des fours, des laves, et en général à tout milieu contenant les cristaux sensibles et ayant été soumis à des températures importantes dans le passé.
Source : Wikipedia
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